Skip to Content

Mélanges de langue (alternances de code) - Faut-il s’en inquiéter?

Non, ils sont tout à fait normaux.

  • Les linguistes préfèrent utiliser l’expression alternances de code (code veut dire code linguistique ou langage). Car les mélanges de langue sont un peu différents des alternances de code.
    • Exemples de mélanges de langues
      • « Quoi c’est, ton maman’s nom? » (les mots sont français, la syntaxe est anglaise)
      • « Mon préférée émission... » (les mots sont français, la position de l’adjectif est conforme à la syntaxe anglaise)
    • Exemples d’alternances de code
      • « Papa, sing me une comptine » (les deux segments sont distincts, ils respectent chacun la langue dans laquelle ils sont exprimés, soit l’enfant ne sait pas comment dire chante-moi, soit il ne sait pas comment dire a nursery rhyme)
      • « Où truck, maman? » (les deux segments sont distincts, ils respectent chacun la langue dans laquelle ils sont exprimés, soit l’enfant ne sait pas comment dire where, soit il ne sait pas comment dire le camion) 
  • Les alternances de code sont une étape normale du développement bilingue qui diminueront avec l'âge, à mesure que l'enfant commence à différencier les règles spécifiques aux deux langues et qu'il enrichit son vocabulaire.
  • Il faut garder en tête deux notions importantes : le vocabulaire compris (réceptif) et le vocabulaire produit (expressif). Les enfants comprennent plus de mots qu’ils peuvent produire. À l’âge de deux ans, un enfant comprend au moins 200 mots. Il doit apprendre que jus et juice veulent dire la même chose, dans des langues différentes. L’alternance de code « Juice, maman, juice » se transformera en « Du jus, maman, du jus » lorsque l'équivalent français de juice sera acquis. Les parents peuvent aider leur enfant à éliminer ce genre d’alternance de code en enrichissant son vocabulaire.
  • À l'adolescence et à l’âge adulte, les alternances de code représentent entre 2 et 4 % de la production linguistique (mais Dieu sait qu'on leur accorde une importance inversement proportionnelle!). Ils peuvent être le signe :
    • d’une rebellion contre l’autorité (Enseignant qui dit à un élève : « Parle français! » et l’élève qui répond « It's not nine o’clock yet, monsieur! »);
    •  d’une affirmation culturelle (« Bonjour! My name is... »);
    • de l’annonce qu’on est bilingue (« Bonjour! My name is... »);
    • le recours à une expression dans l’autre langue pour ne pas interrompre le flux de la conversation (« Je ne suis pas prête and at the rate I’m going je vais être en retard »).
  • Les mélanges de langues peuvent être l’occasion de nombreux jeux de mots. En voici des exemples :
    • d’une grande dextérité linguistique (Question : Que veut dire « Je m’en fiche »? Réponse : « Je m’en poissonne! »);
    • « Look at this S car go »;
    • « My mother, my shovel – Ma mère m'appelle »;
    • « Vaporisateur de laitue – Let us pray  ».

Les enfants trilingues font aussi des alternances de code lorsqu'ils sont jeunes, pour les mêmes raisons que les enfants bilingues. Leurs alternances de code trilingues sont plus rares que leurs alternances bilingues. (source : Language Strategies for Bilingual Families, Suzanne Barron-Hauwaert, p. 143-144)